Fermeture frontale à 50 m sol
Contexte et Environnement
Description de l'incident
En approche de l’atterrissage, conditions thermiques, peu de vent.
Fermeture frontale symétrique non contrée à 50 m sol, puis la voile passe derrière et décroche, repasse rapidement devant (non contrée) et abat fortement (vue presque sous les pieds), remonte au-dessus de moi, attaque en oblique et mise en rotation. Aucune intervention de ma part.
N’ayant aucune maîtrise de la situation et sachant que j’étais bas (50 m sol), je tire le parachute de secours.
D’après les observateurs, la voile commençait à revoler au moment où je tire le secours.
Je sens la voile revoler et le secours s’ouvrir, et peu de temps après je rentre dans les arbres en planant.
Voile et secours sont dans la canopée, j’ai les pieds au sol mais suspentes tendues. L’arbrissage a été assez doux, pas de choc, membres protégés par la combinaison.
Déchirure de 15cm d’un caisson central au niveau du bord d’attaque et du jonc d’ouverture.
Mon analyse:
En absence de tout obstacle pouvant perturber l’aérologie, je suppose que la grosse fermeture frontale est due à un thermique devant-moi.
La voile est rapidement remontée et passée derrière, Je la vois derrière en bouchon (décrochage ?) puis je la vois rapidement abattre, ouverte, presque sous mes pieds. J’étais passif et je n’ai rien fait pour contrer cette abattée.
Ensuite, je n’ai plus d’image précise du comportement de la voile, mais je penche sur la gauche probablement en rotation. Étant proche du sol, je vois la poignée et je tire le secours.
Anecdote: je me souviens avoir penser au mantra de la FFVL « Après un tour, je fais secours ! »
Synthèse:
Avec l’effet de surprise, la première frontale était difficile à contrer.
Par contre, un contre sur la deuxième abattée était nécessaire pour stopper l’enchainement de sketchs.
La même chose le long d’un relief aurait pu avoir des conséquences graves.
En tout cas, même à 50 m sol, il ne faut pas hésiter à tirer rapidement le secours.
Réviser ce qu’on apprend en SIV:
S’entraîner à contrer les fermetures partielles et totale.
Le long d’un relief, être toujours prêt à contrer fortement vers l’extérieur, si la voile ferme côté relief.

Merci Vincent pour ce témoignage !
En effet, s’il n’y a pas d’obstacles apparents à l’atterro, c’est certainement un sous le vent d’un thermique puissant avec cisaillement vertical qui aurait généré une frontale. Près du sol, les bulles peuvent se décoller violemment, surtout les jours de fortes chaleurs. C’est un moment où il faut rester très vigilent.
Je te rejoins également pour dire que tirer le secours, si près du sol, n’est pas inutile. Surtout quand on a pas le temps de voir ce qu’il se passe, l’effet de surprise accentuant cela…